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17 Jul 2017

Marianne Desroziers chronique Daghailchiih sur son Pandémonium littéraire:

http://lepandemoniumlitteraire.blogspot.fr/2017/07/daghailchiih-tu-rapporteras-ton-pere-le.html

 

Derrière ce titre imprononçable et ce sous-titre pour le moins intriguant se cache un beau pavé de 436 pages. Roman initiatique de la quête identitaire d'une jeune indien Navajo, David qui va essayer d'accomplir la dernière volonté de son père, sans que l'on sache si c'est vraiment cette phrase qu'il a voulu prononcer. L'action se déroule en 1938 en Arizona. David part à l'aventure et quitte sa réserve et les siens, son père, son grand-père, sa soeur (très beau personnage, tout en force et détermination) mais aussi son professeur qui lui a appris la culture des Blancs, pour faire ce qu'il faut afin d'accomplir le rituel traditionnel. En route, il rencontre plusieurs individus plus ou moins bien intentionnés, dont Lloyd, afro-américain avec qui il partage un sort plus ou moins similaire... et l'ambiguë Ide qui l'accueille chez elle et lui demande de lui apprendre sa langue, notant tout sur un cahier.

 

Ce roman se lit avec un vrai plaisir grâce à la plume alerte, précise et sensible de Le Golvan et il pose de passionnantes questions sur le rapport à nos racines, à notre langue, à nos rites et traditions ainsi que les dilemmes difficiles liés à l'acculturation et au syncrétisme. C'est aussi un roman sur l'Amérique, réelle et fantasmée. 

 

Pour en savoir plus sur le livre et l'auteur, et commander le livre, rendez-vous sur le site des éditions Sipayat.

14 May 2017

François Membre sur Daghailchiih.

http://www.bdtlivre.com/daghailchiih-rapporteras-a-perele-scalp-dhitler/

 

Daghailchiih, Tu rapporteras à ton pèrele scalp d’Hitler

14 mai 2017 François Membre CRITIQUES LIVRES

L’été 1938, David ou Schoolboy revient chez lui à Chinle, une réserve de l’Arizona. C’est là que, depuis la fin des guerres  indiennes les Navajos/les Dineh sont parqués et attendent que le temps s’écoule. Le retour de David qui marque, depuis sa petite enfance, celui de la chaleur ne signifie pas pour lui un retour aux sources. Scolarisé chez les Blancs ou Teacher Abraham l’a pris en affection, le jeune garçon est écartelé entre ses deux cultures. Un conflit interne encore augmenté car, aux yeux de ceux de son peuple, il se sait incomplet Sa mère, morte lors de sa naissance, n’a pas expulsé tout le placenta, faisant de lui un être non fini : aucun nom indien ne lui a été donné à la naissance.

David, du haut de ses treize ou quatorze ans, revient chez lui. Comme à chaque fois, il va séjourner chez son grand-père qui tente –tant bien que mal– de maintenir des traditions ancestrales comme une poignée de sable qui s’échappe d’un main serrée. Signe des temps qui changent, son père, mal dans sa peau, a construit son identité indienne sur la base d’un western où le chef indien était incarné par un acteur japonais… Et le jour précis où David rentre chez lui, ce père pris de boisson court, nu, jusqu’à la ville en criant que les nazis sont en Amérique et qu’il faut les arrêter. Aidé par un ami, David ramène son père chez lui avant d’aller dormir chez son grand-père. Le lendemain, il retrouve son père frappé par une attaque. Transporté à l’hôpital des Blancs, il va plonger dans le coma mais, avant, il confie une mission à son fils : ramener le scalp d’Hitler qui, pour les Navajos s’appelle : Mustache Smeller ou Daghailchiih !

C’est malgré lui que le jeune garçon va se retrouver lancé dans une quête folle qui va l’amener à quitter la réserve et faire diverses rencontres qui vont le marquer de façon indélébile. Au fil des rencontres, David va vivre la guerre mais de l’intérieur, avec en germe les futurs camps de « concentration » pour les Japonais, avec la ségrégation, le mensonge et les haines nazies bien présentes sur le sol américain.

Un récit initiatique

Solidement documenté ce livre donne à voir au quotidien la vie difficile des Indiens dans la réserve et leur exploitation par les Blancs qui payent leur travail non pas en dollars mais en ligne de crédit chez les commerçants locaux. La fabrication d’un gigantesque tapis traditionnel par Little Warrior, la demi-sœur de David, est un exemple patent de la condition d’esclave où ils sont réduits. La dictature des femmes qui régissent le monde indien, le peyotl qui tire l’âme hors du corps et le laisse affaibli, les esprits qui hantent le moindre canyon, tout cela est décrit avec précision et contribue à la véracité d’un monde étranger à l’homme blanc.

Récit initiatique Daghailchiih, est écrit dans une langue superbe, fluide et harmonieuse. L’auteur, Nicolas Le Golvan, est professeur de français, mais il sait abandonner le formalisme académique pour donner un récit vivant et d’une grande densité. Tel qu’il est décrit, le périple de David est tout à la fois le récit d’un accouchement, celui d’un jeune garçon innocent qui découvre le monde et le chant funèbre d’un monde qui va s’engloutir dans la guerre et perdre ses repères traditionnels. Un livre fort qui pose la question cruciale de savoir qui l’on est et où l’on se sent le droit d’exister.

26 Apr 2017

"Rilke Zip" sondé (et lu) sur le site critique LittéWeb

By Ahmed Slama In Revue des Revues

Tous on pisse dans un violon

Une revue pas n’importe laquelle de revue, Squeeze, qui compte aujourd’hui une bonne demi-douzaine d’années d’existence, le revue Squeeze ; des nouvelles publiées par thème, un appel à texte lancé quelques mois avant la parution, vous pouvez toujours y tenter la chance de vos textes, le prochain thème, c’est Dylan, ce bon vieux Bob dont la nobelisation en a fait hurler plus d’un, et ça se pâme ensuite à la lecture de Villon, le troubadour vagabond, bref, Squeeze, c’est un bon nombre de nouvelles, originales, variées, exigeantes surtout  à s’y pencher ! L’ensemble des numéros est ici, à télécharger gratuitement, choisissez le format qui vous sied : Pdf, Epub, Mobi,.

Collectif, Pisser dans un violon, Squeeze, 47 p. gratuit, à trouver ici

 

Un numéro de Squeeze donc, choisi un peu au hasard. Le thème ? Pisser dans un violon, n’est-ce pas notre lot à tous, non pas la vanité de tous nos actes, la vie en somme, ce recommencement réveil matin, boulot, ou pas pour les veinards, manger, et puis lit, dormir et ça recommence, pisser dans un violon quoi… et puis on a été sensible, aussi, à la belle couverture du numéro,   signée Camille Maccioni, ce personnage chauve, effilé, qui n’est pas sans nous rappeler un certain Bernier, Professeur Choron pour les intimes, se peignant le… crâne chauve… page suivante, sommaire. On parcourt, des auteurs, des titres, le premier, Rilke Zip, agencement singulier, l’auteur ? Le Golvan. On clique, et nous voici dans la page ;

 

Le nectar Rilkéen

Rilke Zip, un condensé de Rilke peut-être ?

Oui, c’est à peu près ça. En informatique le zip désigne un format permettant la diminution de la taille d’un fichier, grâce la compression, et cela sans perte de qualité. Et cette « compression » de l’Idée Rilkéenne, elle nous est esquissée en à peine douze phrases, douze expériences, avec ce même rythme, ces phrases croquées, vitesse, ne pas s’attarder laisser la signification tracer son chemin. Eco décrivait le texte comme une « machine paresseuse », emplie « d’interstices », « de blancs », cette Idée commue à tout texte, Rilke Zip, en joue, tout y est esquisse ; pointillés…

Dès la première phrase, tout est là « Mettre la tête dans une nuée de moucherons, en apnée légère, et peut-être appréhender ce qu’est l’unité spontanée » oui, c’est un peu ça, cette nuée de « moucherons », les phrases disséminées, esseulées car chaque phrase constitue un paragraphe en soi, des phrases qui forment une totalité autrement dit une « unité » quant à « l’apnée », cette écriture au rythme soutenu qui commence toujours par un syntagme* long, agencement de mots, qui peu à peu s’entrecoupe en approchant du point final. « Remonter les pentes de l’humain en émondeur d’arbre, se souvenir que la littérature souffle d’abord le raccourci, le passage court, avant la caisse, tenter en priorité. » Ici nous retrouvons, grosso modo, l’architecture des phrases de cette prose poétique. Pas de demi mesure, non. Soit une longueur d’onde, 13 syllabes puis 17 syllabes, à la seconde virgule, tout s’étrécit, on hoquette, on passe à quatre, puis quatre, et enfin sept syllabes.

Rilke Zip, clin d’œil aux Cahiers de Malte de… Rilke. Naïveté poétique, toute enveloppée de lyrisme romantique, celui qui admet la scission corps esprit, « le corps sans esprit, juste voler ». Une initiation au poète, retournons-nous vers ce texte aujourd’hui quasi-stéréotypé, mais dans Rilke Zip, il y a ce souffle, ce travail d’évocation, ce retournement du Beau, opéré par Baudelaire ou Rimbaud, on y évoque « la plus grande partouze du sous-continent indeien » ou le comptage « en partant du bas, le nombre exacte de poils de ce corps »… et « en post-scriptum, pisser des violons bien sûr… »

… le mieux, c’est de l’écouter Rilke Zip, là tout en bas de la page, ce texte qui est aussi un un palimpseste, dans le sens où l’entendait Gérard Genette, à savoir la relation hypertextuelle existant entre un ou plusieurs textes, relation implicite ou explicite comme dans le cas qui nous occupe.

Et quoi de mieux, me direz-vous, comme transition, cette histoire palimpseste, le prochain texte auquel nous nous intérresserons étant intitulé… Palimpseste,

16 Mar 2017

Biblio

Romans : 

2012 : Dachau Arbamafra (Les doigts dans la prose)
2012 : Reste l'été (Flammarion)

2016 : Bérânasî (Sipayat)

2016 : Luminol's band (Aconitum)

2017 : Daghailchįįh (Sipayat)

Nouvelles :

2015 : Taravana (L'Echappée Belle)

Théâtre :

2015 : Alyah (Alna)

Poésie :

2015 : Psaume des psaumes (La Sirène étoilée)

En revues :

1994 : Déréliction (Décharge n°95)
2000 : Picasso (Le Gril n°147)
2004 : Inflexions, 18 haïkus (Le Gril n°183)
2011 : Taravana (La Revue des Ressources)
2011 : Easter Island (La Revue des Ressources)
2011 : Huile de rein (Squeeze n°4)

2012 : Exploding whale day (Le cahier du Baratin n°4)

2013 : Elle a couché avec Kennedy... (50 micronouvelles, collectif, Fayard)
2013 : Primal (Dissonances n°24)

2014 : Jenny Bigoude (Squeeze n°8)
2014 : Blaste confetti (Cohues n°14)
2014 : Something's got to give (Dissonances n°27)

2015 : 1dg (Squeeze n°10)
2015 : Vora (Editions de l'Abat-Jour)
2015 : Vivement (L'Ampoule n°15)
2015 : Connaissance du monde (par le moyen d'y parvenir), (Créatures n° 3)
2015 : La barrière des espèces (Moebius n°145)
2015 : Béranasi (extrait) (Dissonances n°28)
2015 : Psaume des psaumes (extrait), Décharge, I.D. n°557 (Claude Vercey)
2015 : Gourde (Editions de l'Abat-Jour)
2015 : Préface de Louise Bourgeois (L'Ampoule n°16)

2015 : Anthropocène (Squeeze n°11)

2015 : Paroles dégelées (L'Ampoule n°17)

2015 : [SIK] (Squeeze PAPIER, hors-série)

2015 : Psaume des psaumes (extrait) (Décharge n°168)

2015 : L2223-3 (L'Ampoule n°18)

2015 : JOURS, intégral (Créatures n°4)

2016 : Rilke Zip (Squeeze n°12) 

2016 : Lascaux du 45 (L'Ampoule n°19)

2016 : Ema (feuilleton bicolore) (Incandescentes n°1)

2016 : La gardienne de zoo (L'Ampoule n°20)

2016 : Ruhe (Editions de l'Abat-Jour)

2016 : MUR (Méninge N°6)

2016 : Myranda (Editions de l'Abat-Jour)

2016 : Recueil pratique de contre lettres-types à l’adresse du monde éditorial dans son ensemble, en vue de son édification par voie de pénitence. (Le Traversier n°18)

2016 : O10C (L’Ampoule n°21)

2016 : Al dente (Squeeze n°14)

2016 : Idionia, Ordre du mérite (Lichen n°7)

2016 : Recueil pratique de contre lettres-types à l’adresse du monde éditorial dans son ensemble, en vue de son édification par voie de pénitence (L'Ampoule papier hors-série n°1)

2016 : Saint Sébastien des Aiguilles (L'Ampoule papier hors-série n°1)

2016 : JOURS (huit extraits) (Lichen n°10)

2016 : D'amour qu'il est question (Revue Rue Saint Ambroise, en ligne)

2017 : JOURS (onze autres extraits) (Lichen n°11)

2017 : JOURS (sept autres extraits) (Lichen n°12)

2017 : JOURS (encore sept autres extraits inédits) (Lichen n°13)

2017 : Choses (L’Ampoule n°22)

2017 : Found poetry (L’Ampoule n°22)

2017 : JOURS (encore d'autres extraits) (Lichen n°14)

2017 : ON/OFF (L'Ampoule n°23)

2017 : BOB (Squeeze n°15)

2017 : JOURS (encore d'autres extraits) (Lichen n°15)

2017 : JOURS (encore six inédits) (Lichen n°16)

2017 : JOURS (encore sept inédits) (Lichen n°17)

2017 : JOURS (encore cinq inédits) (Lichen n°18)

2017 : Ouest-France (Squeeze n°16)

07 Oct 2016

Bérânasî dans Eulalie n°22, octobre 2016.

Pour la lenteur, on pense au film de Bernard Giraudeau Les Caprices d’un fleuve. De manière plus précise géographiquement, mais aussi plus lointaine et plus exotique, il y a le film de Jean Renoir, Le fleuve. Mais foin de références. « Le fleuve ici est une femme et s’appelle Gangâ. » Le titre Bérânasî est lui-même un motvalise entre la vision occidentale de Bénarès et le mystère de Vârânasî qui nous échappe. Ils sont six à traîner leurs bagages dans une Inde, rêvée avant le départ, et qui les rattrape au plus intime de chacun. Peu importe en vérité les personnages. Ce qui compte, c’est le fleuve qui infuse, le corps qui brûle, la trace, la blessure qui se réveille sous le scalpel de la touffeur. Bérânasî est un livre que l’on pose, que l’on dépose. On y vient, on y revient. Le livre imprèg ne. On s’y attarde comme à son corps défendant. Le voyage met à nu. Au retour, les personnages, comme le lecteur, restent à vif. « Elle fend de nouveau la foule du Leclerc [...] Elle cherche les corps, les odeurs, rien ne sent malgré la quantité colossale de denrées, la bouffe, les dizaines de morceaux de viande, les abats, les fleurs, le poisson, même le poisson ne s’autorise pas à sentir! Les fleurs encore moins ; le vide est partout! » L’ouvrage est publié aux éditions Sipayat à Aniche (Nord) qui se présentent comme une « plateforme d’édition alternative ». Avec le créateur et directeur de collection Marc Mangin, Nicolas Le Golvan partage une même vision du voyage. Une belle découverte d’écriture.

Hervé Leroy

23 Jul 2016

Psaume des psaumes dans Paysages écrits.

https://sites.google.com/site/revuepaysagesecrits/archives/numero-27/pe27---sd-sur-le-golvan

 

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